La France s’engage du 31 janvier – SoliVet

"Les personnes en grande précarité s’occupent très bien de leur animal. Il n’y a aucune raison de leur demander de choisir entre se réinsérer et garder leur chien."
L’animal comme point d’ancrage
Pour les personnes en grande précarité, le chien est rarement un simple animal de compagnie. Il est un repère, une présence constante, un lien affectif stable dans des trajectoires souvent marquées par les ruptures. Il protège, rassure, maintient un rapport au vivant et à l’autre, et contribue parfois à préserver une forme de dignité lorsque tout vacille.
Pourtant, cette relation devient fréquemment un facteur d’exclusion supplémentaire. L’accès à l’hébergement, à la formation ou à l’emploi reste encore largement conditionné à l’abandon de l’animal, plaçant les personnes concernées face à une injonction impossible.
Cette impasse révèle une limite structurelle des politiques d’accompagnement. En ne prenant pas en compte la réalité du lien entre les personnes et leur chien, les dispositifs de réinsertion produisent de l’exclusion là où ils devraient créer de la continuité. Accompagner efficacement suppose de partir de ce qui compte réellement pour les individus, et non de leur demander de renoncer à ce qui leur permet de tenir. C’est à cette condition que l’insertion sociale et professionnelle peut devenir un chemin crédible, respectueux des parcours et durable dans le temps.
SoliVet, c'est quoi ?
Fondée en 2020 par le vétérinaire Théo Noguer, SoliVet est née de cette conviction simple et structurante : il est possible d’accompagner les personnes en situation de grande précarité sans les séparer de leur chien.
Lauréate 2025 de La France s’engage, l’association développe un ensemble de services conçus pour lever les freins spécifiques rencontrés par les propriétaires de chiens éloignés de l’emploi et du logement.
SoliVet agit d’abord sur l’accès aux soins et à l’hébergement. En partenariat avec des structures sociales et vétérinaires, l’association propose des accompagnements individuels incluant soins vétérinaires, éducation canine, médiation animale et préparation à l’entrée en structure d’accueil. Sa pension canine solidaire, située à Vénissieux, permet d’accueillir temporairement les chiens à partir d’un euro par jour, rendant possible l’accès à un hébergement, une formation ou un emploi sans rupture du lien.
L’action de SoliVet s’inscrit également dans une logique de réinsertion professionnelle. L’association propose des formations aux métiers en lien avec les animaux et développe, à travers sa pension Paw’sitive Job, un modèle qui combine garde canine solidaire et parcours professionnalisants. Ce dispositif bénéficie autant aux personnes accompagnées qu’aux professionnels du secteur vétérinaire, souvent confrontés à des dilemmes éthiques et à un mal-être profond lié à l’impossibilité de soigner pour des raisons économiques.
En travaillant étroitement avec les acteurs sociaux, les collectivités et les professionnels du soin animal, SoliVet construit une réponse pragmatique, respectueuse et profondément humaine à une problématique encore largement ignorée. Depuis sa création, l’association démontre qu’il est possible de penser l’insertion autrement, en partant du lien plutôt que de la contrainte, et en considérant l’animal non comme un obstacle, mais comme un levier de stabilisation et de reconstruction.
Cette démarche est mise à l’honneur cette semaine dans la chronique La France s’engage sur RTL, présentée par Antoine Leiris. Une occasion de rappeler que la réinsertion commence souvent là où l’on choisit de ne pas demander aux personnes de renoncer à ce qui leur permet de rester debout.
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