Concours La France s’engage 2026 : ce que disent les candidatures
485 dossiers déposés en un peu plus de trois semaines : l’édition 2026 du concours La France s’engage s’inscrit dans une dynamique désormais installée. Au-delà de ce niveau élevé de candidatures, l’examen des données met en lumière des évolutions plus discrètes mais structurantes : renouvellement des projets, rééquilibrages territoriaux, inflexions dans les publics ciblés. Une photographie précise d’un champ de l’innovation sociale en mouvement.
Un volume en hausse, dans la continuité des dynamiques récentes

Entre le 6 et le 29 janvier 2026, 485 dossiers ont été déposés sur la plateforme du concours La France s’engage. Ce chiffre s’inscrit dans une trajectoire haussière observée depuis plusieurs années : il dépasse la moyenne des quatre éditions précédentes (2022–2025), établie à 426 candidatures, ainsi que le niveau atteint en 2025 (441 dossiers).
Plutôt qu’un décrochage ou un effet de saturation, les données traduisent une stabilité élevée de l’attractivité du concours, avec un palier haut désormais installé. Cette dynamique suggère un écosystème de l’innovation sociale structuré, informé de l’existence du dispositif, et en capacité de produire un flux continu de projets candidats.
Un renouvellement régulier des projets candidats
En 2026, 55 % des candidatures émanent de primo‑candidats, contre une moyenne de 52,25 % sur les quatre années précédentes. Plus d’un projet sur deux se présente donc pour la première fois au concours.
Ce ratio, relativement constant mais en légère progression, indique un renouvellement soutenu du vivier de projets, sans dépendance excessive à un cercle restreint d’organisations déjà identifiées. Il témoigne aussi d’une capacité de diffusion du concours au‑delà de ses bénéficiaires historiques, dans un champ où de nouvelles initiatives continuent d’émerger.

Une implantation territoriale large, encore marquée par des déséquilibres
Les candidatures 2026 proviennent de 75 départements, contre 70 en 2025, et couvrent l’ensemble des régions françaises, à l’exception de la Corse. 56 % des dossiers sont issus de territoires hors Île‑de‑France, confirmant une répartition majoritairement régionale.
L’Île‑de‑France demeure néanmoins le premier bassin de candidatures, avec 44,1 % des dossiers, un niveau élevé mais légèrement inférieur aux moyennes observées entre 2022 et 2025 (46 %). Certaines régions enregistrent une progression notable, notamment Provence‑Alpes‑Côte d’Azur, les Pays de la Loire ou l’Occitanie, tandis que d’autres restent faiblement représentées.


Focus sur les Outre mer
L’édition 2026 compte 33 candidatures issues des territoires ultramarins, en nette augmentation par rapport aux années précédentes. Cette évolution s’inscrit dans la durée et reflète un élargissement géographique du concours, fruit d’actions de visibilité ciblées. Elle ne gomme pas les écarts persistants entre territoires, mais signale une capacité à réduire progressivement certaines asymétries d’accès.
Les publics ciblés : évolutions et inflexions

L’analyse des publics bénéficiaires déclarés par les projets candidats fait apparaître plusieurs tendances significatives.
- Une hausse des projets à destination des jeunes adultes (18‑25 ans) et des adolescents (12‑17 ans), suggérant une attention croissante portée aux trajectoires de jeunesse.
- Une progression des initiatives ciblant les personnes en situation de grande précarité, ainsi que les femmes et les personnes âgées de 70 ans et plus.
- À l’inverse, une baisse relative des projets orientés vers les personnes en situation de handicap, les enfants de 6 à 11 ans, les habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville et les personnes éloignées de l’emploi.
Ces variations ne traduisent pas des abandons, mais plutôt des déplacements d’attention au sein du champ social, possiblement liés aux transformations des priorités locales, des financements disponibles ou des urgences perçues par les porteurs de projets.
Profils juridiques : la prédominance associative, sans exclusivité

En 2026, 84 % des candidatures sont portées par des associations, 13 % par des sociétés commerciales agréées ESUS, et 3 % par des fondations ou fonds de dotation. Cette répartition est remarquablement stable depuis 2022.
Elle confirme que l’engagement d’intérêt général reste majoritairement structuré par le monde associatif, tout en laissant place à une diversité de modèles économiques et juridiques. La présence constante des structures ESUS rappelle que l’innovation sociale ne se limite pas à un seul cadre organisationnel.
Taille des structures : un ancrage de terrain
Les données relatives à l’emploi salarié dessinent un paysage stable depuis trois ans :
- 4 % des structures candidates ne comptent aucun salarié,
- 43 % emploient entre 1 et 5 salariés,
- 20 % entre 6 et 10 salariés,
- 33 % plus de 11 salariés.
La majorité des projets candidats sont donc portés par des structures de petite taille, souvent proches du terrain et des publics. Cette configuration souligne que l’innovation sociale s’élabore fréquemment dans des organisations agiles, enracinées localement, et capables de formaliser des réponses opérationnelles à partir de réalités concrètes.

Ce que révèle l’édition 2026
Pris dans leur ensemble, les chiffres du concours 2026 décrivent un champ de l’innovation sociale dense, renouvelé et territorialement étendu, mais encore traversé par des inégalités de représentation. Ils témoignent moins d’un effet d’engouement ponctuel que d’une structuration durable des capacités d’initiative.
Au‑delà du volume, l’enjeu demeure celui de la diversité des projets, des territoires et des publics représentés. Les candidatures 2026 offrent ainsi une photographie utile des dynamiques à l’œuvre dans l’intérêt général, et des questions qui continueront de traverser les prochaines éditions du concours.
Les prochaines étapes
À l’issue de la phase de jurys collectifs en région, une quarantaine de finalistes auront l’opportunité de participer au bootcamp du 4 au 7 mai. Cette immersion leur permettra d’affiner leur projet et de préparer le grand oral du 7 mai, ultime épreuve devant le jury final.
Enfin, de 10 à 15 lauréats seront désignés par le Conseil d’administration pour intégrer la promotion 2026 de La France s’engage. L’annonce officielle interviendra début juillet.
