La France s’engage du 9 mai – Une Voix pour Elles

"Les femmes ont besoin qu’on les soutienne, qu’on les aide à partir définitivement du domicile, à quitter définitivement les violences qu’elles subissent."

Quitter les violences : l’angle mort de la protection des victimes

 

Chaque année, les violences conjugales enferment des milliers de femmes dans une mécanique de dépendance et de sidération dont il est extrêmement difficile de s’extraire. En 2023, 271 000 personnes ont été victimes de violences conjugales en France. Si les dispositifs d’hébergement d’urgence se sont renforcés ces dernières années, une réalité demeure encore largement sous-estimée : quitter un conjoint violent ne se résume pas à franchir une porte. Partir implique souvent d’abandonner ses papiers administratifs, les affaires des enfants, des souvenirs, du mobilier, parfois toute une vie matérielle.

C’est précisément dans cet interstice, entre la décision de partir et la possibilité réelle de reconstruire une existence, que se jouent les risques les plus élevés. Les retours au domicile violent sont fréquents : en moyenne, une femme effectue sept allers-retours avant de quitter définitivement son agresseur. Le moment du départ concentre des dangers majeurs, pouvant conduire à une aggravation des violences, voire au féminicide. Derrière cette réalité se cache une question profondément politique : comment rendre possible une séparation durable quand les conditions matérielles du départ restent si précaires ?

Une Voix pour Elles, c'est quoi ?

Lauréate 2025 de La France s’engage, Une Voix pour Elles apporte une réponse concrète, structurée et immédiatement opérationnelle à cette faille persistante de la protection des victimes. Co-fondée par Loëtitia Mas, l’association déploie un accompagnement logistique complet pour permettre aux femmes victimes de violences conjugales de quitter leur domicile sans tout abandonner. Son dispositif, « Elles Déménagent », organise des déménagements sécurisés, la récupération des effets personnels, leur stockage temporaire ainsi que le rééquipement des nouveaux logements.

L’action commence dès la mise à l’abri. Les équipes de l’association livrent des kits d’urgence dans les hébergements temporaires : produits d’hygiène, vêtements, alimentation, matériel de puériculture ou encore équipements pour enfants. Puis intervient l’étape décisive : le départ sécurisé du domicile. Les bénévoles prennent en charge le tri, la manutention et le transport des biens afin d’éviter aux victimes de retourner seules sur les lieux des violences. Une solution d’entreposage solidaire permet ensuite de préserver mobilier, électroménager et effets personnels pendant toute la période de reconstruction. Enfin, lorsque les femmes accèdent à un logement pérenne, l’association facilite leur réinstallation grâce à une ressourcerie solidaire et un accompagnement matériel adapté.

L’impact est considérable. Depuis sa création, Une Voix pour Elles a réalisé plus de 1 037 déménagements d’urgence, assuré 333 entreposages sécurisés, distribué 14 769 kits d’urgence et accompagné 1 819 bénéficiaires. Surtout, l’association observe que, lorsque les femmes sont aidées à récupérer leurs affaires et à organiser leur départ, elles ne retournent pas au domicile conjugal dans 98 % des cas au cours des six mois suivants. Une donnée qui révèle combien les enjeux logistiques sont aussi des enjeux de protection, d’autonomie et de reconstruction.

Cette semaine, Une Voix pour Elles est mise à l’honneur dans la chronique « La France s’engage » sur RTL, présentée par Antoine Leiris. Une mise en lumière qui rappelle qu’au-delà de l’urgence, permettre aux femmes victimes de violences de préserver leurs repères matériels constitue souvent la condition indispensable d’un départ définitif et d’une reconstruction durable.

[/vc_column]

La France s'engage avec

RTL_logo.svg

Plus d'infos sur la structure