La France s’engage du 2 mai – Yes We Camp

"Proposer des espaces dans lesquels les personnes peuvent s’engager, c’est un cercle vertueux : elles se sentent davantage en confiance, davantage reliées aux autres et à la ville qu’elles habitent."
Réinventer les lieux vacants pour retisser du commun
Chaque année, des milliers de bâtiments publics ou privés restent inoccupés pendant plusieurs années, dans l’attente d’une cession, d’une rénovation ou d’un changement d’usage. Cette vacance immobilière représente un paradoxe saisissant : alors que les besoins sociaux explosent, des surfaces considérables demeurent inutilisées, fermées sur elles-mêmes, réduites à une charge de gardiennage plutôt qu’à une ressource collective.
Dans le même temps, les fractures sociales s’approfondissent. Isolement, précarité résidentielle, difficultés d’accès aux droits, raréfaction des espaces de sociabilité : autant de réalités qui fragilisent la cohésion urbaine. Face à cette double impasse, des lieux vides d’un côté, des besoins massifs de l’autre, certaines organisations démontrent qu’il est possible de faire de l’occupation temporaire un levier d’hospitalité, de participation citoyenne et de transformation territoriale.
Yes We Camp, c'est quoi ?
Mise à l’honneur cette semaine dans la chronique La France s’engage sur RTL, présentée par Antoine Leiris, l’association Yes We Camp est lauréate 2025 de La France s’engage.
Depuis 2013, l’association conçoit, ouvre et anime des lieux hybrides qui conjuguent activités économiques, culturelles, citoyennes et sociales. Son approche repose sur une conviction simple : un bâtiment vacant n’est pas un espace en attente, mais une opportunité pour expérimenter de nouvelles formes de solidarité. Dans ces lieux cohabitent associations, artistes, habitants, bénévoles et personnes en situation de vulnérabilité. Cantines, ateliers, hébergements, espaces de travail ou de création deviennent les supports d’une vie collective dense et féconde.
Forte de plus d’une décennie d’expérience, Yes We Camp mobilise des compétences pluridisciplinaires allant de l’architecture à l’action sociale, de la gouvernance partagée aux modèles économiques hybrides. L’association accompagne également collectivités, bailleurs et acteurs associatifs dans l’émergence de projets d’urbanisme transitoire capables de répondre à des besoins concrets, tout en redonnant aux citoyens une capacité d’agir sur leur environnement.
L’Auberge marseillaise : une hospitalité pensée comme projet collectif
L’initiative soutenue par La France s’engage est l’Auberge marseillaise qui illustre avec force cette vision. Face à l’augmentation du nombre de femmes sans abri, souvent confrontées à des violences conjugales, Yes We Camp a imaginé à Marseille une alternative aux dispositifs d’urgence classiques.
Ce lieu accueille 70 femmes et enfants dans un cadre fondé sur l’accueil inconditionnel, la participation à la vie collective et l’ouverture sur le quartier. Neuf associations y coordonnent un accompagnement global vers l’accès aux droits, à la santé, à l’insertion et au logement. Plus qu’un hébergement, l’Auberge marseillaise constitue un espace de reconstruction, où la sécurité matérielle s’articule à la restauration de la confiance et du pouvoir d’agir.
À travers ce modèle, Yes We Camp démontre qu’un lieu peut répondre à l’urgence sociale tout en recréant des conditions durables de dignité, de coopération et d’appartenance.
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