La France s’engage du 5 septembre – Prévenir l’échec scolaire dès la maternelle

"La question que l’on se pose maintenant, ce n’est plus tellement est-ce que ça marche, mais comment est-ce qu’on fait pour passer de quelques centaines d’écoles à toutes les écoles qui en ont besoin."
Les premières années d’école, un moment décisif pour la réussite scolaire
Les difficultés scolaires ne commencent pas au collège ou au lycée. Elles apparaissent souvent dès les premières années d’apprentissage. En éducation prioritaire, un tiers des élèves n’a pas le niveau de lecture attendu en CE2. En mathématiques, les élèves de CM1 affichent le niveau le plus faible d’Europe.
Ces écarts dans la maîtrise des savoirs fondamentaux, lire et compter, ont des conséquences qui dépassent les résultats scolaires. Les premières années d’école sont aussi celles durant lesquelles les enfants construisent leur rapport aux apprentissages et à l’institution scolaire.
Lorsqu’un enfant rencontre des difficultés et accumule des lacunes, il peut perdre confiance en lui. Certains cherchent à cacher leurs difficultés à leurs enseignants ou à leurs camarades. Peu à peu, ils risquent d’associer l’école à un sentiment d’échec et de se considérer comme de mauvais élèves.
Face à cette réalité, agir tôt apparaît comme un enjeu majeur. L’objectif est d’intervenir avant que les difficultés ne s’installent durablement et avant qu’elles ne conduisent au décrochage scolaire. Autrement dit, lutter contre l’échec scolaire avant même qu’il ne se produise.
Agir pour l'école, c'est quoi ?
Lauréate de La France s’engage en 2015, Agir pour l’École concentre son action sur les premières années de scolarité, dès la grande section de maternelle. L’association part d’une conviction simple : le décrochage scolaire se prévient avant tout par une intervention précoce sur les apprentissages fondamentaux.
Son action repose sur deux principes. Le premier consiste à individualiser l’enseignement afin d’adapter les apprentissages aux besoins de chaque élève. Le second vise à accompagner les enseignants directement dans leur pratique quotidienne afin de leur permettre de mettre en œuvre des méthodes fondées sur les connaissances scientifiques de l’apprentissage.
Agir pour l’École fait ainsi le lien entre les travaux de recherche en sciences cognitives et en neurosciences et la réalité des classes. Les programmes développés par l’association s’appuient sur des méthodes testées avec les enseignants et évaluées dans des conditions réelles d’enseignement.
Pour l’association, l’enjeu n’est pas de proposer une solution unique. Il s’agit de diffuser des pratiques dont l’efficacité a été observée sur le terrain et de faciliter leur appropriation par les équipes pédagogiques. Cette démarche répond à un défi de taille : permettre à davantage d’écoles de bénéficier d’approches déjà mises en œuvre auprès de centaines d’établissements.
Selon Muy-Cheng Peich, déléguée générale d’Agir pour l’école, de nombreuses solutions existent déjà dans les écoles et au sein du monde associatif. L’enjeu est désormais de mutualiser les expériences qui fonctionnent afin de les rendre accessibles à tous les établissements qui en ont besoin.
L’expérience d’Agir pour l’École rappelle que la lutte contre l’échec scolaire commence dès les premières années d’apprentissage. En accompagnant les enseignants et en s’appuyant sur les résultats de la recherche, l’association défend une idée forte : l’échec scolaire n’est pas une fatalité et la prévention constitue un levier d’action concret pour donner à chaque enfant les meilleures chances de réussite.
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