La France s’engage du 26 septembre – Accompagner les jeunes de l’aide sociale à l’enfance vers l’autonomie

"C'est une absurdité économique de ne pas investir à la fois humainement mais aussi financièrement dans ces jeunes pour leur permettre, lorsqu'ils sortent des services sociaux, d'être autonomes et être autonomes pour eux."

Grandir sous la protection de l’État, puis devoir devenir autonome à 18 ans

En France, 400 000 jeunes femmes et jeunes hommes sont confiés à l’aide sociale à l’enfance. Parmi eux, 200 000 vivent en foyer ou en famille d’accueil. Ils grandissent sous la protection de l’État jusqu’à leur majorité.

Pour beaucoup de ces jeunes, l’accompagnement des services sociaux s’arrête à 18 ans. Une étape difficile lorsque l’on sait que l’âge moyen de décohabitation et d’indépendance financière d’un jeune Français est de 25 ans. Les jeunes issus de l’aide sociale à l’enfance doivent ainsi accéder à l’autonomie plusieurs années avant la plupart des autres jeunes.

Les conséquences de cette situation sont lourdes. Une personne sans domicile fixe sur quatre est issue de l’aide sociale à l’enfance. Deux jeunes sur trois quittent ce parcours sans diplôme et un sur trois est au chômage.

Ces chiffres traduisent les obstacles auxquels sont confrontés de nombreux jeunes au moment de construire leur avenir. Accès à la formation, recherche d’un emploi, démarches administratives ou orientation professionnelle font partie des défis qu’ils doivent relever souvent sans soutien familial. Face à cette réalité, l’enjeu est de leur donner les moyens de préparer leur entrée dans l’âge adulte avant la sortie des dispositifs de protection.

Les Ombres, c'est quoi ?

C’est pour répondre à cet enjeu que l’association Les Ombres, lauréat 2026, cofondée par Louis Poinsignon, accompagne les jeunes de l’aide sociale à l’enfance.

L’association intervient directement dans les foyers auprès des jeunes de 15 à 20 ans. Son objectif est de les aider à préparer leur avenir et à construire un parcours à la hauteur de leurs ambitions.

Pour y parvenir, Les Ombres organise des ateliers de formation et s’appuie sur un réseau de mentors bénévoles. Ces mentors consacrent environ une heure par semaine à un jeune pour l’accompagner dans ses choix d’orientation, la préparation d’entretiens, la recherche d’une alternance ou d’une formation, ou encore dans certaines démarches administratives comme les demandes de bourse.

L’association compte déjà 1 000 mentors. Leur rôle repose avant tout sur l’écoute, la compréhension des parcours de vie et la capacité à accompagner chaque jeune dans la durée. Une présence discrète et bienveillante qui a inspiré le nom de l’association.

Les résultats présentés dans la chronique témoignent de l’impact de cette démarche. Neuf jeunes sur dix suivis par l’association trouvent un emploi ou une formation à l’issue de l’accompagnement.

Au-delà de l’impact social, Louis Poinsignon souligne également l’intérêt collectif de cet investissement. Selon lui, accompagner les jeunes vers l’autonomie permet de réduire les coûts liés à l’exclusion et au non-emploi tout en favorisant leur insertion dans la société.

L’expérience des Ombres montre qu’un accompagnement humain, engagé et construit dans la durée peut aider les jeunes issus de l’aide sociale à l’enfance à franchir une étape décisive de leur parcours. En leur donnant des repères, des conseils et un soutien concret au moment où ils accèdent à l’autonomie, l’association répond à l’un des défis majeurs auxquels sont confrontés ces jeunes lorsqu’ils quittent la protection de l’enfance.

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