L’Union européenne renouvelle son soutien à La France s’engage

Une ambition européenne autour de l'innovation encore inégalement structurée

L’Union européenne a placé l’innovation au cœur de sa stratégie de compétitivité et de cohésion. Cette orientation traduit une conviction forte : la capacité d’innovation conditionne désormais autant la performance économique que la stabilité sociale du continent.

Pourtant, un déséquilibre persiste.

L’innovation technologique bénéficie d’écosystèmes puissamment structurés, dotés d’outils financiers, d’infrastructures et de relais institutionnels robustes. À l’inverse, l’innovation sociale demeure plus fragmentée, encore insuffisamment outillée pour changer d’échelle et diffuser pleinement ses effets.

Ce différentiel n’est pas neutre. Il conditionne la capacité de nos sociétés à répondre à des enjeux structurants : inclusion, égalité des chances, accès à l’emploi, cohésion territoriale.

L’innovation sociale, levier stratégique des équilibres collectifs

C’est pourtant dans l’innovation sociale que se construisent, au plus près des réalités de terrain, des réponses concrètes aux vulnérabilités contemporaines.

Elle agit là où les politiques publiques atteignent leurs limites, là où les mécanismes de marché laissent des zones blanches. Elle articule solidarité, efficacité et capacité d’adaptation. Elle produit des solutions opérationnelles, souvent frugales, mais à fort potentiel de transformation.

Encore faut-il que ces solutions puissent dépasser leur ancrage local, se structurer et se diffuser.

Le véritable enjeu n’est donc plus uniquement de faire émerger des initiatives pertinentes. Il est de créer les conditions de leur changement d’échelle.

Un engagement renouvelé du Fonds social européen +

C’est dans cette perspective que La France s’engage bénéficiera du soutien du Fonds social européen + (FSE+) pour la période 2025–2027.

Ce financement s’inscrit dans une priorité européenne clairement affirmée : renforcer l’innovation sociale et favoriser l’essaimage des solutions qui ont fait leurs preuves.

Il résulte d’un appel à projets national particulièrement exigeant, piloté par la Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP), qui a retenu un cercle resserré de têtes de réseaux en capacité de structurer l’écosystème à l’échelle nationale.

Cette reconnaissance nous engage.

Elle consacre également notre rôle : celui de contribuer activement à l’émergence d’un cadre plus cohérent de l’innovation sociale, capable d’articuler initiatives locales et dynamiques de transformation à l’échelle du pays.

Structurer un environnement propice à l’impact

L’impact ne repose pas uniquement sur la qualité intrinsèque des projets.

Il dépend tout autant de l’environnement dans lequel ils évoluent : qualité de l’accompagnement, accès aux financements, capacité à nouer des alliances, inscription dans des trajectoires de croissance.

C’est cette lecture systémique qui guide l’action de La France s’engage depuis plus de dix ans.

Lorsqu’ils sont accompagnés dans la durée, connectés à un réseau, et inscrits dans une logique de développement, les projets d’intérêt général changent d’échelle plus rapidement, plus solidement, et touchent un nombre croissant de bénéficiaires.

Un cap opérationnel pour 2025–2027

Le soutien du FSE+, déjà mobilisé entre 2022 et 2024, permettra de franchir un nouveau cap.

Quatre priorités structureront ce cycle :

  • Renforcer la détection des initiatives émergentes sur l’ensemble des territoires, en portant une attention particulière aux zones moins visibles des dynamiques d’innovation
  • Consolider l’accompagnement dans la durée, afin de soutenir la structuration, l’autonomisation et la capacité d’influence des projets
  • Structurer un réseau national dédié au changement d’échelle, en favorisant les logiques de coopération et de mutualisation
  • Organiser la circulation des savoirs, pour mieux comprendre et outiller les dynamiques sociales, entrepreneuriales et territoriales de l’innovation sociale

Au-delà des dispositifs, il s’agit de construire une véritable infrastructure immatérielle de l’innovation sociale.

Un nouveau cycle pour inscrire durablement l’innovation sociale dans les transformations du pays

Ce nouveau cycle de trois ans ouvre une séquence stratégique.

L’enjeu est clair : faire de l’innovation sociale un moteur pleinement reconnu des transformations économiques et sociales, et non un complément périphérique.

Cela suppose de changer d’échelle, mais aussi de changer de regard.

Reconnaître que les réponses aux défis contemporains ne viendront pas uniquement des technologies ou des politiques publiques descendantes, mais aussi de la capacité collective à faire émerger, grandir et diffuser des solutions issues du terrain.

C’est avec cette exigence que La France s’engage poursuit son action : structurer, relier, amplifier.

Pour que l’innovation sociale ne soit plus une promesse fragmentée, mais une force organisée au service de l’intérêt général.