La fonction publique s’engage : trois journées de formation croisée pour refonder la coopération entre puissance publique et ESS

Les 16, 17 et 18 juin 2026, une formation croisée s’est adressée successivement à une quarantaine de dirigeants associatifs et entrepreneurs de l’économie sociale et solidaire (ESS), puis à quatre-vingt-dix cadres de la fonction publique, engagés dans le Cycle supérieur de perfectionnement des administrateurs de l’État à l’Institut national du service public (INSP, ex-ENA). Objectif : créer une culture commune entre acteurs de l’intérêt général.

Vers une fertilisation croisée

Ces modules de formation croisée constituent la troisième étape du programme « La fonction publique s’engage », porté depuis deux ans par la Délégation interministérielle à l’encadrement supérieur de l’ÉtatLa France s’engage et l’Impact Tank.  

Leur ambition : favoriser une fertilisation croisée entre deux forces majeures de l’intérêt général qui, paradoxalement, s’ignorent trop souvent.

D’un côté, près de 6 millions de fonctionnaires qui conçoivent et déploient des politiques publiques à grande échelle. De l’autre, 2,6 millions de salariés de l’économie sociale et solidaire qui détectent les besoins émergents et y répondent par l’innovation sociale. Près d’un tiers des actifs engagés pour le bien commun, mais des logiques d’action encore trop peu articulées !

Pourtant l’alliance entre la haute fonction publique et les dirigeants associatifs constitue un levier particulièrement puissant pour répondre aux défis sociaux contemporains.

S’inscrire dans le temps long pour changer les pratiques

Après une phase d’expérimentation fondée sur des binômes opérationnels, puis une intégration de dirigeants associatifs dans les parcours d’excellence de la haute fonction publique au Chesp (cycle des hautes études de service public), ce troisième « étage de la fusée » a pour ambition d’opérer un déplacement décisif.

Il ne s’agit plus seulement de faire coopérer, mais de former en miroir, en dotant chaque univers des clés de lecture de l’autre, en renforçant une acculturation réciproque et en consolidant un socle commun de connaissances.

La qualité de la coopération dépend en effet moins de la bonne volonté que de la compréhension fine des contraintes respectives. Former chacun des publics, sur des contenus exigeants, permet de réduire les angles morts, d’objectiver les cadres d’action et, in fine, de rendre possible un dialogue réellement opérant. 

16 juin — Donner aux acteurs de terrain une lecture stratégique de l’action publique

La première journée de formation a réuni une quarantaine de dirigeants de l’économie sociale et solidaire à la Maison La France s’engage. Elle visait à déconstruire une représentation encore largement répandue : celle d’une puissance publique disponible, en attente de solutions à financer. Elle s’est attachée au contraire à restituer la densité des contraintes juridiques, budgétaires et déontologiques qui structurent l’action administrative. 

 

Fonctionnement et organisation de l’Etat, de l’UE et des collectivités locales et spécificités des relations avec les associations  

La matinée s’est ouverte avec Claire de Mazancourt, adjointe de la déléguée interministérielle à l’encadrement supérieur de l’État (DIESE), responsable prospective et innovation, et Damien Baldin, directeur général de La France s’engage. Ensemble, ils ont posé les termes d’un enjeu central : si les acteurs de terrain souhaitent voir leurs solutions changer d’échelle, ils doivent intégrer les logiques internes de l’action publique avec autant de rigueur que celle-ci doit comprendre leurs innovations. Les acteurs publics disposent d’une capacité unique à concevoir des dispositifs globaux et généralisés.  

Mais cette approche laisse parfois subsister des publics insuffisamment couverts ou des besoins insuffisamment pris en compte. C’est précisément dans ces espaces que l’innovation sociale déployée par les associations trouve toute sa pertinence : capacité d’aller-vers, connaissance fine des réalités locales, intervention sur ce « dernier kilomètre » qui conditionne souvent l’effectivité des politiques publiques. Tout l’enjeu de cette formation réside dans cette compréhension mutuelle. 

Orianne Penny-Lepastier, directrice générale de l’Institut de l’Engagement et administratrice de l’État, a proposé une cartographie précise du fonctionnement de l’État, de l’Union européenne et des collectivités territoriales. Elle en a explicité les chaînes de décision, les lieux d’arbitrage et les interdépendances, donnant à voir une architecture où le temps long administratif coexiste avec l’instabilité des priorités politiques. 

 

Déontologie du fonctionnaire 

La séquence consacrée à la déontologie, animée par Claire de Mazancourt et Kamal Nehbi, conseiller juridique à la DIESE, a mis en évidence une réalité souvent sous-estimée : la capacité d’agir de l’administration est indissociable d’un cadre de responsabilité qui limite, structure et sécurise la décision. 

 

Influence et changement de normes : la fabrique des normes juridiques et leur mise en oeuvre 

L’après-midi a approfondi les conditions concrètes de transformation. Kamal Nehbi est revenu sur la fabrique de la norme et la hiérarchie des normes, en insistant sur les temporalités d’élaboration et les moments d’influence de la société civile réellement décisifs, souvent situés en amont des processus législatifs. Il a notamment éclairé les moments où les acteurs de l’économie sociale et solidaire peuvent intervenir avec le plus d’efficacité pour contribuer à l’évolution des normes. 

 

Finances publiques et financement des associations, principes et pratiques 

Armelle Daam, présidente de la chambre régionale des comptes du Centre-Val de Loire, et Damien Zaversnik, directeur général adjoint Relations extérieures et grands projets à la ville de Marseille, ont apporté une lecture opérationnelle des finances publiques et des modalités de financement des associations, soulignant que la soutenabilité budgétaire constitue une condition structurante, et non un paramètre secondaire. 

Les échanges, denses et techniques, ont traduit un déplacement des représentations. Une idée, aussi pertinente soit-elle, ne devient politique publique qu’à condition de rencontrer un moment, un cadre et des preuves compatibles avec les exigences administratives. Plusieurs lignes de force se sont dégagées : la nécessité de formuler des propositions concises et directement mobilisables, l’importance de documenter l’impact, la capacité à intervenir au bon moment dans les cycles décisionnels et, plus largement, l’impératif de se positionner comme un partenaire de résolution des fragilités territoriales plutôt que comme un simple porteur de projet. 

17 juin — Mettre l’économie sociale et solidaire à l’épreuve de l’action publique

Les deux jours suivants, direction l’Institut national de service public (INSP, ex-ENA), pour la formation des stagiaires administrateurs de l’État, dans le cadre du Cycle supérieur de perfectionnement des administrateurs de l’Etat (CSPAE, formation continue). 

L’économie sociale et solidaire : acteurs, cadres et relations avec l’action publique 

Après un mot d’accueil de Claire de Mazancourt et de Pauline Bensoussan, cheffe du département de la formation continue à l’INSP, Damien Baldin a proposé une mise en contexte structurée des relations entre économie sociale et solidaire et action publique, en en soulignant à la fois les complémentarités et les lignes de tension. 

40 ans d’histoire entre l’ESS et les politiques publiques 

François Soulage, ancien délégué interministériel à l’économie sociale et ancien président du Secours catholique, est intervenu en grand témoin. Il a inscrit ces relations dans une profondeur historique de quarante années, marquées par des cycles d’expérimentation, d’intégration et de redéfinition. Cette mise en perspective a rappelé que la coopération entre ces deux univers ne s’est jamais construite de manière linéaire, mais par ajustements successifs, au gré des transformations de l’État et des mutations du secteur associatif. 

Atelier coopération : acteurs de l’ESS et service public  

L’après-midi a été consacré à une série d’ateliers thématiques, chacun adossé à des dispositifs concrets illustrant différentes formes de coopération effectives entre acteurs de l’économie sociale et solidaire et service public. 

Éléonore Lavoine, directrice prospective, partenariats et innovation à la Fédération Léo Lagrange, et Christophe Chevalier, directeur du PTCE Pôle Sud Archer, ont proposé un éclairage croisé, à la fois national et ancré dans l’expérience de terrain, sur les Pôles territoriaux de coopération économique (PTCE).

Conçus comme des espaces de coopération entre acteurs économiques, associatifs et publics, les PTCE visent à renforcer les dynamiques de développement local en articulant de manière structurée coopération et activité économique. À travers l’exemple du Pôle Sud Archer et une mise en perspective plus large, l’atelier a interrogé ce que ces écosystèmes produisent concrètement dans les territoires, en abordant les conditions de leur réussite, le rôle de l’action publique, les tensions inhérentes aux gouvernances partenariales ainsi que les enjeux liés au changement d’échelle.

Victoria Bazurto Botero, responsable recherche et suivi des évaluations pour Territoires zéro chômeur de longue durée (TZCLD), et Mathias Guérineau, maître de conférences à l’IAE de Nantes et Mélissa Aksil, Responsable des études et de la mesure d’impact de l’Impact Tank, ont exploré les conditions qui permettent à une innovation sociale de franchir le seuil de l’expérimentation pour devenir une politique publique.

À partir du cas de TZCLD, dont les dix années d’expérimentation ouvrent aujourd’hui la voie à une pérennisation à travers une proposition de loi en cours d’examen, ils ont mis en lumière les exigences de gouvernance, de soutenabilité et d’évaluation qui accompagnent ce changement d’échelle. Revenant sur les résultats obtenus, le cadre législatif et le déploiement progressif du dispositif, l’atelier a également interrogé le rôle de l’État dans ces processus d’institutionnalisation ainsi que la place de l’évaluation d’impact social dans la reconnaissance, la légitimation et la pérennisation des initiatives, offrant ainsi des clés de compréhension sur la manière dont les innovations sociales peuvent durablement transformer les politiques publiques. 

Clotilde Gilbert, directrice générale de Wake Up Café, Alexandra Blain, responsable de la structuration des contrats à impact chez BNP Paribas, et Julia Robin, adjointe à la cheffe du bureau Économie sociale et solidaire et investissement à impact au ministère de l’Économie, ont présenté les contrats à impact social comme un instrument original de coopération entre acteurs publics, investisseurs privés et structures de l’économie sociale et solidaire.

Pensés pour faire émerger, expérimenter ou changer d’échelle des solutions répondant à des besoins sociaux ou environnementaux, ces dispositifs reposent sur un modèle dans lequel les opérateurs de terrain sont préfinancés par des investisseurs, remboursés ensuite partiellement ou intégralement par un payeur aux résultats, généralement une autorité publique, sous réserve de l’atteinte d’objectifs d’impact définis en amont et évalués de manière indépendante. À travers leurs regards complémentaires, les intervenantes ont éclairé les mécanismes d’articulation entre financement et performance sociale, ainsi que les conditions nécessaires à la diffusion de ces modèles de financement fondés sur les résultats.. 

Jean-Marc Descotes, directeur général de CAMI Sport & Cancer, et Julie Gaillot, cheffe de projet article 51 au ministère de la Santé, ont retracé le long chemin qui a conduit à la reconnaissance et au financement de l’activité physique adaptée par la Sécurité sociale.

À partir de l’expérience portée depuis plus de vingt-cinq ans par CAMI Sport & Cancer et des recommandations formulées dès 2017 par l’Institut national du cancer, ils ont montré comment une innovation issue du terrain, étayée par des preuves scientifiques et portée avec constance par le monde associatif, peut progressivement trouver sa traduction dans le droit et les politiques publiques. L’atelier a mis en lumière le rôle du dispositif Article 51 du Code de la santé dans la construction d’un modèle de financement acceptable pour les pouvoirs publics, ainsi que les modalités de coopération entre acteurs associatifs et institutions.

Il a également permis de revenir sur les difficultés, les arbitrages et les réussites qui ont jalonné cette trajectoire, dont l’aboutissement, avec le décret de 2026 permettant la prise en charge effective de l’activité physique adaptée, ouvre désormais la voie à un déploiement à grande échelle.

Enfin, Benjamin Cavalli, directeur général du Programme Malin, Gaëlle Schultis, cheffe de projet à la CNAF, et Florian Perret, directeur ESS et innovation sociale du Groupe VYV, ont illustré la manière dont des coopérations multi-acteurs peuvent se structurer au service des enjeux de la petite enfance. Fondé sur une alliance réunissant pouvoirs publics, sociétés savantes de pédiatrie, associations, chercheurs et entreprises, le Programme Malin accompagne les familles confrontées à des contraintes budgétaires sur les questions de nutrition au cours des mille premiers jours de l’enfant.

À travers ce retour d’expérience, l’atelier a mis en lumière les ressorts d’un partenariat multipartite original, les complémentarités qu’il mobilise et les conditions qui ont permis son déploiement à grande échelle, au bénéfice de plus de 100 000 enfants.

Ces ateliers ont produit un effet de décentrement. Ils ont confronté les administrateurs à des situations où l’innovation ne se présentait pas comme une abstraction, mais comme une réalité située, traversée de contraintes, d’incertitudes et de compromis. Ils ont révélé que l’enjeu central n’était pas tant de faire émerger des innovations que de créer les conditions de leur intégration durable dans l’action publique.

18 juin — Examiner les conditions structurelles de la coopération

La seconde journée à l’INSP a prolongé cette analyse en abordant les conditions de financement, de régulation et d’évaluation. 

Anne de Bayser, co-présidente du Groupe SOS et ancienne secrétaire générale adjointe de l’Élysée, a ouvert les travaux en soulignant les évolutions en cours dans les modes d’action publique, marqués par une hybridation croissante des acteurs et des ressources. 

Etat des lieux du financement public de l’économie sociale et solidaire

La séquence consacrée au financement, réunissant Jocelyn Rigaut, directeur général du Choix de l’École, Antoine Détourné, directeur général d’ESS France, Cécile Rodriguez, inspectrice des finances, et Nathalie Green, conseillère référendaire à la Cour des comptes, a mis en lumière la complexité des modèles économiques de l’économie sociale et solidaire. Elle a souligné la nécessité d’une articulation plus lisible et plus stable entre financements publics, ressources privées et logiques d’impact. 

Contrôle et libertés : les relations entre les associations et le pouvoir public 

Les discussions consacrées aux relations entre contrôle et libertés associatives, réunissant Alain Régnier, ancien délégué interministériel chargé de l’accueil et de l’intégration des réfugiés, Marie Garmadi, chargée d’études à l’Observatoire des libertés associatives et Rodolphe Baron, directeur général de Solenciel, ont mis en évidence les tensions qui traversent aujourd’hui les rapports entre l’État et le monde associatif.

Dans le prolongement de la Charte des engagements réciproques de 2015 et dans le contexte symbolique du 125e anniversaire de la loi du 1er juillet 1901, texte fondateur de la liberté d’association et pilier de la vie démocratique française, la table ronde a interrogé les transformations concrètes du dialogue entre pouvoirs publics et associations. Entre exigences de transparence, injonctions à la neutralité et volonté affichée de coopération, les intervenants ont questionné la capacité de l’action publique à sécuriser sans entraver, à encadrer sans décourager, et ont exploré les facteurs qui, sur les territoires, favorisent ou fragilisent la confiance nécessaire au maintien d’une relation équilibrée entre action associative et action publique.

Impact social et évaluation des politiques publiques 

La table ronde consacrée à l’évaluation de l’impact social, animé par Philippe Liger-Belair, directeur de la formation initiale et continue de l’Institut national du service public, a réuni Virginie Besrest, présidente de la Société française de l’évaluation, Yann Auger, directeur général du réseau des épiceries solidaires Andes, et Cécile Charles, économiste à la Délégation interministérielle à la prévention et à la lutte contre la pauvreté.

Croisant les approches de l’évaluation des politiques publiques, de la recherche économique et de l’expérience d’un acteur de terrain de l’ESS ayant fait l’objet de plusieurs évaluations, les échanges ont interrogé les méthodes et les preuves permettant de mesurer ce qui transforme réellement la vie des personnes et d’éclairer la décision publique. Les intervenants ont partagé des retours d’expérience concrets sur les langages, les indicateurs et les outils mobilisés, faisant apparaître l’évaluation de l’impact social comme un levier structurant et un langage commun capable d’articuler exigence de preuve, allocation des ressources et qualité de l’action publique, au service d’initiatives plus efficaces, plus pertinentes et plus légitimes.

Enfin, Anne Pointet, directrice de l’engagement d’entreprise chez BNP Paribas, a conclu la formation en soulignant le rôle croissant des acteurs privés dans ces dynamiques, appelant à une gouvernance plus intégrée des coopérations.

Former en miroir pour construire une capacité d’action commune

Pris ensemble, ces trois jours ont dessiné une ambition : celle d’infléchir durablement les pratiques de part et d’autre. Le choix de la formation en miroir produit un effet de symétrie : les cadres publics comme les acteurs de terrain acquièrent une compréhension plus fine des contraintes, des temporalités et des leviers de l’autre. 

Plusieurs enseignements se dégagent. La coopération gagne en efficacité lorsqu’elle est pensée en amont des politiques publiques, et non en aval de leur conception. Le passage à l’échelle dépend étroitement de la capacité à articuler innovation de terrain et cadres institutionnels. Enfin, l’émergence d’un langage commun, juridique, budgétaire et évaluatif apparaît comme une condition décisive pour dépasser les malentendus structurels. 

Les échanges informels, nombreux, ont prolongé ces apprentissages. Ils ne relevaient pas de la simple mise en réseau : ils constituaient les premiers jalons de coopérations ancrées dans des dispositifs existants, donc immédiatement activables. 

Une dynamique appelée à s’inscrire dans la durée

Ces formations croisées constituaient une première.

Le programme « La fonction publique s’engage » poursuit son déploiement avec une ambition explicite : inscrire ces pratiques dans la durée.

Côté dirigeants associatifs, la formation sur l’action publique a vocation à s’inscrire durablement dans le parcours de formation proposé par La France s’engage à l’ensemble de ses lauréats, qu’ils soient ou non en cours d’accompagnement, et à s’ouvrir à d’autres acteurs de l’économie sociale et solidaire.

Côté cadres de l’Etat, l’enjeu est d’agir dans le temps long afin d’infléchir durablement les pratiques, les échanges et les coopérations. 

La formation à l’ESS et au mouvement associatif intègrera ainsi les cycles de formation initiale de l’Institut national du service public dès la rentrée, afin que tous les futurs décideurs publics comprennent et connaissent ces enjeux.

Il ne s’agit plus de considérer la coopération entre acteurs publics et acteurs de l’intérêt général comme une démarche ponctuelle ou expérimentale, mais comme une compétence professionnelle à part entière. 

Dans un contexte de transformation profonde des politiques publiques, cette approche apporte un cadre opérant. Elle permet d’articuler conception et mise en œuvre, stratégie et exécution, en s’appuyant sur des expertises complémentaires. Elle ouvre, surtout, une perspective nouvelle : celle d’une capacité collective renouvelée à répondre aux besoins sociaux, à la hauteur des défis contemporains. 

 

 

Crédit image | ©Lakhdar Bouzouaid